Marcher moins, ne plus conduire, renoncer aux transports en commun : pour près d’un million de personnes âgées en France, ces petits renoncements du quotidien se transforment en véritable isolement des seniors. C’est ce que révèle un rapport inédit publié début octobre 2026 par l’association Les Petits Frères des Pauvres, consacré à la mobilité après 60 ans.
Un million de personnes « assignées à résidence »
Réalisée avec l’institut CSA Research auprès de 1 824 personnes de 60 ans et plus, en métropole, en Martinique et en Guadeloupe, l’étude dresse un constat net : la perte de mobilité est devenue l’un des premiers facteurs d’exclusion sociale chez les aînés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- Près de 1 million de personnes âgées sont dites « assignées à résidence » : elles ne marchent pas ou très peu, ne conduisent plus et n’utilisent plus les transports en commun.
- Plus de 3 millions de seniors se sentent isolés à cause de leurs seules difficultés de déplacement.
- 2,5 millions ont renoncé, au cours des douze derniers mois, à voir des proches faute de moyen de locomotion.
- Seulement 7 % des personnes qui auraient besoin d’une aide à la mobilité en bénéficient réellement.
Autre enseignement du rapport : la peur joue un rôle à part entière dans ce retrait progressif. Un senior sur trois redoute de perdre l’équilibre ou de tomber en se déplaçant, une inquiétude qui touche 45 % des personnes de plus de 80 ans.
Pourquoi ce chiffre interpelle autant
Ce n’est pas tant la vieillesse en elle-même qui isole, mais la difficulté à se déplacer qui coupe progressivement les liens sociaux : impossible d’aller voir ses petits-enfants, de faire ses courses seul ou de se rendre à un rendez-vous médical sans dépendre de quelqu’un. Les associations alertent régulièrement sur les conséquences concrètes de cet isolement, qui rejoignent les constats déjà documentés sur l’aide à domicile pour les personnes âgées : sans solution de mobilité ou d’accompagnement, le maintien à domicile devient lui-même un facteur de repli sur soi.
Le phénomène touche aussi des personnes encore actives : l'emploi des seniors progresse globalement en France, mais une mobilité réduite peut compliquer le maintien dans l'emploi ou le retour vers l’activité pour les plus de 55 ans vivant loin des transports en commun.
Des pistes concrètes pour rompre l’isolement
Face à ce constat, plusieurs leviers existent déjà, même s’ils restent insuffisamment utilisés selon l’association :
- Les aides à la mobilité (transport accompagné, bénévoles conducteurs, navettes communales) existent dans de nombreuses communes, mais restent trop souvent méconnues des familles.
- Le maintien d’une activité physique douce et régulière, même limitée, aide à préserver l’équilibre et la confiance en soi dans les déplacements ; une logique proche de ce que rappellent les recommandations de marche quotidienne pour la santé des seniors.
- Les visites de bénévoles et les appels réguliers, proposés par plusieurs associations, permettent de maintenir un lien social même quand les déplacements deviennent difficiles.
Questions fréquentes
Qui a réalisé ce rapport sur l’isolement des seniors ?
Le rapport a été publié début octobre 2026 par l’association Les Petits Frères des Pauvres, en partenariat avec l’institut d’études CSA Research, sur la base d’une enquête menée auprès de 1 824 personnes de 60 ans et plus.
Qu’est-ce qu’une personne « assignée à résidence » selon ce rapport ?
Il s’agit d’une personne âgée qui ne marche pas ou très peu, qui ne conduit plus et qui n’utilise plus les transports en commun, ce qui limite fortement ses sorties et ses contacts sociaux.
Des solutions existent-elles pour limiter cet isolement ?
Oui : transport accompagné, bénévoles conducteurs, navettes communales, maintien d’une activité physique douce et visites régulières de bénévoles figurent parmi les leviers identifiés, même s’ils restent sous-utilisés aujourd’hui.
Sources
- Les Petits Frères des Pauvres — Mobilités et isolement des personnes âgées : 6 chiffres clés
- France 3 Régions / Franceinfo — Un million de seniors « assignés à résidence »
- Boursorama — Près d’un million de seniors vivent quasi-prisonniers chez eux
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

























