Le marché de l’alternance traverse une phase inédite depuis le boom post-Covid. Les derniers chiffres officiels, publiés par la Dares et croisés avec les données de la plateforme publique La Bonne Alternance, dessinent un paysage contrasté : les candidatures affluent, mais les offres, elles, se raréfient — et le chômage des jeunes repart à la hausse.
Un chômage des 15-24 ans en nette progression
Selon les données Dares et Insee relayées par Centre Inffo, le taux de chômage des 15-24 ans s’établissait à 21,1 % au premier trimestre 2026, contre un taux de chômage général de 8,1 % toutes classes d’âge confondues. Cette proportion progresse de 2 points sur un an et de 4,5 points sur trois ans, une dégradation continue qui contraste avec l'embellie du marché du travail observée jusqu’en 2023.
Dans le même temps, l'emploi privé des 15-29 ans recule de 1,4 % sur un an, tandis que l'emploi salarié privé dans son ensemble perd 13 900 postes sur le trimestre, soit 60 700 postes sur un an. La Dares souligne que le repli touche particulièrement les jeunes engagés en contrat d’alternance, sans toutefois publier de chiffre isolé pour cette seule catégorie.
Des candidatures en hausse, des offres qui se raréfient
Paradoxe apparent : sur la plateforme publique La Bonne Alternance, gérée par l’État, près de 320 000 candidatures ont été déposées au premier trimestre 2026, soit une hausse de 7 % par rapport à la même période en 2025. Les jeunes candidats à l’apprentissage n’ont donc jamais été aussi nombreux à postuler.
Le problème se situe du côté de l’offre. Plusieurs plateformes spécialisées, dont Hellowork, constatent un recul du nombre d’offres en alternance diffusées par les entreprises depuis le début de l’année, une première depuis la fin de la crise sanitaire. Ce resserrement s’explique en partie par la révision à la baisse des aides et des montants de prise en charge versés par France Compétences aux centres de formation d’apprentis, ainsi que par un climat économique plus prudent chez les employeurs.
Conséquence directe pour les candidats : la sélection se durcit, et les délais pour décrocher un contrat s’allongent, y compris pour des profils qualifiés. Un contexte qui n’est pas sans rappeler les tensions observées sur d’autres segments du marché du travail, comme celui de l'emploi des seniors, confronté lui aussi à des inégalités persistantes malgré des taux d’activité en progression.
Une insertion professionnelle qui se dégrade légèrement
Autre indicateur à surveiller : le taux d’insertion des jeunes sortis d’un cursus en alternance. Parmi les apprentis de niveau CAP à BTS diplômés en 2024, 62 % occupaient un emploi salarié six mois après la fin de leur formation, contre 66 % pour la génération sortie en 2023. Un repli de quatre points qui confirme le ralentissement observé côté offres.
Cette évolution intervient alors que les entreprises réorganisent une partie de leurs besoins en compétences, notamment sous l’effet de la montée en puissance de l’intelligence artificielle en entreprise, qui modifie certains profils de postes juniors traditionnellement ouverts aux jeunes diplômés et aux apprentis.
Ce que cela change pour les candidats à l’alternance
- Anticiper la recherche : avec des offres plus rares, mieux vaut multiplier les candidatures dès le printemps plutôt qu’attendre la rentrée.
- Cibler les secteurs qui recrutent encore massivement en apprentissage, notamment dans l’industrie et certains métiers techniques prioritaires pour les branches professionnelles.
- Soigner sa candidature et son entretien, la sélection étant plus stricte qu’il y a deux ans : nos conseils pour réussir un entretien d'embauche restent une base utile pour se démarquer.
- Se renseigner sur les nouvelles règles de financement, certaines aides évoluant sensiblement pour les entreprises comme pour les centres de formation.
Pour aller plus loin sur les tendances qui touchent la vie professionnelle des Français, notre rubrique École, Formation & Emploi suit régulièrement ces évolutions du marché du travail.
Questions fréquentes
Pourquoi le chômage des jeunes augmente-t-il en 2026 ?
Plusieurs facteurs se cumulent : un ralentissement général de l'emploi privé, une baisse du nombre d’offres en alternance proposées par les entreprises, et une révision à la baisse de certaines aides au financement de l’apprentissage.
Les candidatures à l’alternance ont-elles vraiment augmenté ?
Oui. Sur la plateforme publique La Bonne Alternance, les candidatures ont progressé de 7 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025, alors que le nombre d’offres, lui, tend à diminuer.
L’insertion professionnelle après un contrat d’alternance reste-t-elle bonne ?
Elle reste majoritaire mais se dégrade légèrement : 62 % des apprentis CAP à BTS diplômés en 2024 avaient un emploi salarié six mois après leur sortie, contre 66 % pour la génération précédente.
Sources
- Centre Inffo — Chiffres de l'emploi T1 2026 (Dares/Insee)
- La Bonne Alternance — Baromètre officiel de l’alternance
- Hellowork — Alternance 2026, le décryptage des chiffres
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale





















