Depuis le début de l’année 2026, les rayons de cosmétiques changent discrètement d’étiquette. Entre l’interdiction des PFAS dans les formules et l’arrivée d’une liste élargie d’allergènes obligatoires, la réglementation impose aux marques une remise à plat complète de leurs emballages. Pour les consommateurs, ces changements passent souvent inaperçus alors qu’ils modifient concrètement ce qu’on peut lire — et donc savoir — sur un tube de crème, un parfum ou un mascara.
PFAS : la France interdit plus large que l’Union européenne
Depuis le 1er janvier 2026, la loi n° 2025-188 du 27 février 2025 interdit la mise sur le marché français de cosmétiques contenant des PFAS intentionnellement ajoutés, ces « polluants éternels » utilisés pour leur résistance à l’eau. Des décrets d’application publiés en décembre 2025 ont fixé les seuils de concentration résiduelle tolérés, ce qui a rendu l’interdiction effective. Sont concernés les fonds de teint et poudres longue tenue, les mascaras et eye-liners waterproof, mais aussi des produits rincés comme les shampoings, gels douche, dentifrices et bains de bouche. Fait notable : la France vise ici l’ensemble de la famille chimique des PFAS, y compris les molécules de substitution, alors que la réglementation européenne actuelle ne cible encore que certains composés historiques comme le PFOA ou le PFOS. Le contrôle du marché revient à la DGCCRF, via inspections en magasin et analyses en laboratoire ; les produits non conformes sont retirés de la vente.
Allergènes : jusqu’à 80 substances à déclarer sur l’étiquette
Deuxième échéance, européenne cette fois : au 31 juillet 2026, le règlement (UE) 2023/1545, qui modifie le règlement-cadre (CE) 1223/2009, fait passer la liste des allergènes de parfum à déclarer de 26 à plus de 80 substances. Sont visés tous les types de cosmétiques — crèmes, parfums, gels douche, maquillage, savons — y compris les allergènes présents dans des huiles essentielles naturelles comme la lavande ou le citron, jusqu’ici peu signalées. Les fabricants et distributeurs ne peuvent plus mettre sur le marché européen de nouveaux produits dont l’étiquette n’est pas conforme à cette date. Les produits déjà commercialisés avant l’échéance pourront toutefois rester en rayon jusqu’au 31 juillet 2028, ce qui va faire coexister pendant deux ans anciennes et nouvelles étiquettes sur les mêmes linéaires.
Ce que cela change vraiment pour l’acheteur
L’angle le plus souvent oublié dans ces annonces réglementaires : concrètement, un même produit acheté en janvier et en septembre 2026 peut afficher deux listes d’ingrédients différentes, sans que la formule ait changé — seule l’obligation de déclaration a évolué. Pour un consommateur allergique, cela signifie qu’il faut reprendre l’habitude de relire l’étiquette à chaque achat, même pour un produit habituel, le temps que la bascule se généralise. Autre point pratique : les produits contenant du rétinol, de l’acétate de rétinyle ou du palmitate de rétinyle doivent désormais porter une mention explicite, un repère utile pour les femmes enceintes ou allaitantes à qui ces actifs sont déconseillés. Ces obligations pèsent directement sur le pouvoir d’achat et les arbitrages budgétaires des ménages, dans un contexte où d’autres postes de dépenses, comme les frais de santé et de mutuelle, sont déjà sous tension.
Un casse-tête de conformité pour les petites marques
Du côté des fabricants, la mise à jour touche aussi bien les emballages que les dossiers techniques : listes INCI, Dossier d’Information Produit (DIP/PIF), rapport de sécurité (CPSR) et traçabilité de la chaîne d’approvisionnement doivent tous être révisés. Pour une TPE ou une petite marque indépendante de cosmétique, cumuler cette veille réglementaire avec d’autres obligations administratives de la rentrée — à l’image de la facturation électronique désormais obligatoire — représente une charge de gestion non négligeable, avec un risque de retrait de rayon en cas de non-conformité au 31 juillet 2026.
- PFAS intentionnels interdits en France depuis le 1er janvier 2026 (loi n° 2025-188)
- Jusqu’à 80 allergènes de parfum à étiqueter dès le 31 juillet 2026 (règlement UE 2023/1545)
- Coexistence d’anciennes et nouvelles étiquettes possible jusqu’au 31 juillet 2028
- Mention obligatoire pour les dérivés de rétinol, y compris dans les produits déjà en rayon
Questions fréquentes
Dois-je jeter mes cosmétiques achetés avant 2026 ?
Non. Les produits déjà en rayon avant les échéances peuvent continuer à être vendus et utilisés ; seules les étiquettes des nouveaux produits mis sur le marché doivent respecter les nouvelles règles.
Comment savoir si un produit contient des PFAS ?
La liste INCI sur l'emballage reste la référence : les composés fluorés apparaissent généralement sous des noms préfixés « perfluoro » ou « polyfluoro ». En cas de doute, le service client du fabricant peut être sollicité directement.
La nouvelle liste d’allergènes s’applique-t-elle aux cosmétiques bio ou naturels ?
Oui. Les huiles essentielles et extraits naturels contiennent eux aussi des molécules allergènes reconnues (linalol, limonène, citral…) et sont soumis exactement aux mêmes obligations d’étiquetage que les produits conventionnels.
Sources
- Le Motif — Étiquetage des allergènes cosmétiques : ce qui change au 31 juillet 2026
- Le Motif — PFAS interdits dans les cosmétiques : ce qui change
- Reguloo — Réglementation cosmétique 2026 : obligations, risques et délais clés
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale





















